KAIROS

Gwennaëlle Roulleau – électroniques
Jean-Sébastien Mariage – guitare électrique

sur une idée de Gwennaëlle Roulleau

Souvent représenté comme un jeune homme ayant une épaisse touffe de cheveux à l’avant d’une tête chauve à l’arrière, Kairos est dans la mythologie grecque le dieu de l’occasion opportune.

Le Kairos est pour Roland Barthes l’esquive parfaite du système. « Le kairos, une image haute du Neutre, comme non-système, comme non-loi, ou art de la non-loi, du non-système. »1.

Kairos. Nous avons donné ce nom au duo car notre projet s’inspire des personnages du roman Les Furtifs d’Alain Damasio. Frisson, vibrations, métamorphoses…
Il propose un dialogue entre des surgissements et des environnements de sensations.

1Roland Barthes, Cours sur Le Neutre, 1977-1978

LIENS AUDIO
enregistrements réalisés en résidences

Kaïros à la Muse en Circuit en décembre 2020
Kaïros dans un studio en Dordogne
en juillet 2020

UN CONCERT A LA SINGULARITÉ DE TABLEAUX VIVANTS

le projet, les inspirations

l’empreinte des Furtifs

Kairos s’inspire du roman de science-fiction Les Furtifs d’Alain Damasio. L’auteur y présente des êtres qui naissent d’un frisson, surfent sur des vibrations, se métamorphosent en fonction de leur environnement, s’expriment sonorement et sont finalement eux-mêmes des êtres musicaux.

En écho à un travail sur les vibrations, l’infime et les modulations, Gwennaëlle Roulleau a ouvert le projet Modulations furtives. Celui-ci traite de la mutation. Celle de ces êtres qu’on ne saurait nommer parce qu’on ne les connait pas avant de les entendre. Celle qui est indispensable à la survie de l’espèce, comme un écho au rapport au monde actuel et ses changements profonds, où pour survivre ou sauver son intégrité, il faut slalomer entre les contraintes, jouer de son identité.

des rencontres 

Inspirée par Les Furtifs et par le fait que le vivant se compose de multiples champs vibratoires, Gwennaëlle Roulleau a imaginé un dialogue entre des surgissements, des sons brefs que l’on peut considérer comme des personnages, et des environnements d’ondes multiples, des paysages de sensations. Comme des tableaux vivants.

Elle explore cette idée à travers différentes rencontres. Avec Thierry Waziniak, batteur et percussionniste, ils ont créé le projet Poza Tym, percussions et électronique. Avec Jean-Sébastien Mariage ils ont créé le projet Kaïros, guitare et électronique.

C’est le projet Kaïros qui est présenté ici.

Kaïros

La rencontre entre Gwennaëlle Roulleau et Jean-Sébastien Mariage a donné lieu à un vocabulaire propre au projet, qui dépasse l’usage habituel de leurs instruments.

Les musiciens gravitent autour de l’axe improvisation / composition en temps réel. Cette approche s’est imposée au sujet, qui implique un renouvellement perpétuel.

La recherche prend comme point de départ l’altération fugace des matériaux sonores. Comme des êtres vivants, ils passent du corps au contexte, du paysage à l’objet, de l’horizon au lieu, de la persistance à la ponctualité. Tout s’échappe, et tout est là, à la fois.

Cet équilibre, dont la qualité primordiale est l’instabilité, tient autant du dispositif instrumental que de la posture des musiciens. La nature première du son est questionnée de manière permanente, et remise en jeu.

des sources hybrides

De l’acoustique à l’électronique et l’électromagnétique en passant par de multiples traitements, le projet mélange des sources de natures sonores différentes, et crée des objets hybrides. La manipulation d’objets acoustiques ou la reprise du son de la guitare, le traitement électroacoustique par Gwennaëlle et la manipulation erratique des effets par Jean-Sébastien, la synthèse d’objets sonores nouveaux toujours très organiques, tout cela génère des zones de rencontre, où chaque affirmation d’une position ne peut qu’en révéler une autre. 

écho et rebonds

Entre fugue et fuite, les musiciens se font écho, dissimulent, transforment, rebondissent. Le duo met en jeu la métamorphose du sujet. Avec la résonance et la transformation, il joue aussi sur la mémoire de l’auditeur. Des objets sonores sont proposés, ils sont identifiables. Ils réapparaissent par la suite de manière transformée. Toujours reconnaissables mais sous une nouvelle forme, ils sont éventuellement passés de la guitare à l’électronique et inversement. 

Cela donne lieu à un objet global en mutation permanente, tels des tableaux mouvants.

LES MUSICIEN.NE.S

Gwennaëlle Roulleau est compositrice, improvisatrice électroacoustique et artiste sonore.
A l’écoute de l’environnement ou du corps sonore, elle capte et sculpte la matière sonore dans sa physicalité, la transforme pour en dégager substance, énergie, émotion.
Entre la composition en temps réel et l’écriture, entre le geste instrumental et le dispositif, elle traite les sons en organismes vivants, toujours ouverts au risque d’accident et de plaisir. Entre l’affection pour l’acoustique et la magie du traitement et de la fabrication, elle revendique la dimension électronique de son dispositif. Comme autant de filtres subjectifs, le traitement creuse et extrapole le réel, la synthèse en révèle d’autres strates.
Elle joue avec les musiciens Thierry Waziniak, Jean-Sébastien Mariage, Reinhold Friedl, Gaël Mevel, Anaïs Moreau, Tarek Atoui, Ramuntcho Matta, Jean-Marc Montera… et développe les projets L’empreinte secrète, Kairos, Poza Tym, Blues Repercussion sound, Strates et sphères, Réveiller les grillons, Silences ou la vie de l’arbre. Elle s’aventure dans le théâtre de Marcel Bozonnet, Ruth Olaizola ou de Christelle Harbonn, la danse d’Olivia Grandville, l’archéographie de Tangible, ou encore travaille sur la musicalité de la parole et ses entours avec Stella Cohen Hadria. Elle crée des dispositifs sensoriels qui interrogent le phénomène sonore, et crée des installations interactives dans le réseau de laine de Caroline Vaillant, et des parcours sonores dans les espaces naturels ou urbains avec Friche Théâtre Urbain, Tangible ou Fées d’Hiver. Elle compose la musique de films documentaires et d’animation. Ses projets musicaux sont présentés dans les réseaux de musique de création, dans des théâtres, galeries et espaces in situ.
Envisageant l’écoute comme une expérience sensible et constitutive du rapport au monde, elle anime des workshops de pratique sonore et musicale auprès de publics jeunes, notamment qui présentent des troubles des fonctions cognitives ou mentales, et de publics expérimentés.

http://www.gwennaelleroulleau.com 

Jean-Sébastien Mariage : « Au delà de quelques illustres guitaristes (amplifiés) qui ont marqué l’histoire du jazz, le grand développement des qualités sonores de la guitare électrique fut initié en majeure partie par des guitaristes de rock, le plus souvent au travers d’expériences inconscientes et non préméditées. Mais les possibilités que ces musiciens ont révélées sont aujourd’hui consciemment élargies par un grand nombre de guitaristes d’avant-garde qui ne peuvent être assimilés ni au rock, ni au jazz, ni vraiment aux musiques électroniques, mais qui se trouvent au centre du développement et des préoccupations de toutes ces formes musicales, avec comme point d’ancrage : l’improvisation. Jean-Sébastien Mariage fait partie de cette famille de musiciens qui perpétuent le défrichage et qui d’une manière ou d’une autre, au travers de nouvelles techniques ou de nouveaux matériaux font évoluer l’instrument, le transcendent, l’ouvrent à des sonorités inattendues, à des musiques insoupçonnées. » Théo Jarrier

http://www.inversus-doxa.fr/-Jean-Sebastien-Mariage

DEVELOPPEMENT DU PROJET

Calendrier de création

  • résidence en Dordogne juillet 2020
  • résidence à la Muse en Circuit décembre 2020
  • résidence de reprise automne 2023
  • tournée en Australie et Nouvelle-Zélande février 2024

Production : Babbel

Soutiens : La Muse en circuit, la Folie Numérique – Fées d’Hiver, Jazz à Poitiers
En cours : Spedidam, CNM, Institut Français, Drac Ile de France